Ma vie professionnelle avant la Fibromyalgie

Après vous avoir donné mon avis sur « La Semaine Européenne pour l’Emploi des Personnes Handicapées et la Fibromyalgie » la semaine dernière, je voulais vous donner un peu de contexte sur mon propre environnement professionnel.

Pour cela je fais faire un petit retour dans le passé afin de vous donner mon contexte au moment où cette épée de Damoclès appelée « Fibromyalgie » m’est tombée sur la tête. Je pense qu’il est important de remonter si loin car c’est tout ce parcours qui explique aussi en partie ma Fibromyalgie. Dans un second article je vous présenterai comment je me suis peu à peu adaptée à ma pathologie.

Quel est mon profil étudiant ?

Élève :

Alors là je vais remonter un petit peu, non, trèèèèèèèèèèès loin.

Quel élève étais-je ? Quel profil d’apprenant ?

Si vous avez lu mon article « Mères toxiques et Fibromyalgie » vous saurez que ma relation avec mes parents a été assez particulière. Je devais me faire toute petite, ne pas déranger, ne pas poser de problèmes. Une des solutions que j’avais trouvée pour satisfaire à toutes ces contraintes était donc de passer beaucoup de temps à travailler et à étudier. Et cela dès toute petite.

Cela satisfaisait tout le monde. Je ne demandais pas à voir du monde. Je m’occupais toute seule et longtemps. J’avais de bons résultats dont ils pouvaient être fiers.

Photo d'élèves levant la main en classe

A l’école j’étais l’exemple même du premier de la classe

J’ai continué comme cela tout le primaire et le collège. J’avais de bons résultats tant en scientifique qu’en littéraire mais les matières littéraires étaient celles qui me plaisaient le plus.

Le choix au lycée :

Forcément au lycée est arrivé le choix : bac général ou technologique ? Filière scientifique, économique ou littéraire ?

Alors déjà en France si vous vous débrouillez bien au collège cela sera bac général. Vous vouliez devenir coiffeuse ? Et ben tant pis ma petite dame il fallait moins bien travailler. Voilà déjà une première incohérence. Quel en est le résultat ? Des enfants qui se retrouvent dans des filières qui ne leur correspondent pas. Du coup pour moi cela a été bac général direct.

En seconde vint le choix de la filière. J’avais autant de prédispositions en Sciences qu’en Lettres.

Pour être honnête je n’ai jamais su ce que je voulais faire comme métier. Ou plutôt je pense que je ne m’autorisais pas à « rêver » au métier que je voulais faire. A cette époque j’aimais pourtant tout ce qui était orienté Littéraire : Archéologue, Photographe, Journaliste, Écrivain ou même Pilote d’Avion… Mais cela ne faisait pas sérieux.

Enfant déguisé en pilote d'avion

L’un de mes rêves d’enfant : devenir pilote d’avion

Il m’a donc été fortement conseillé de suivre la voie Scientifique. Ben oui je pourrai facilement faire du Littéraire après le Bac avec un diplôme Scientifique. L’inverse n’étant pas vrai. C’est ce que toute le monde me disait, je me suis donc laissée facilement convaincre.

Pour l’anecdote je me rappelle d’une amie de seconde qui elle savait ce qu’elle voulait faire : Infirmière ! Elle avait de bons résultats donc les professeurs voulaient absolument qu’elle fasse la filière Scientifique. Mais elle voulait suivre la filière Médico-Sociale car c’était ce qui était le plus en phase avec son projet. Elle a dû se battre contre tout le monde pour valider son projet, elle a tenu bon, elle a eu grain de cause et elle a eu raison. Je n’avais pas sa force morale à l’époque pour imposer mes envies.

 Après le Bac :

Forcément après un bac Scientifique et peu de Littéraire pendant 2 ans je ne me suis pas réorientée vers une Fac de Lettres. On aurait pu s’y attendre. J’aimais bien la Chimie et je m’étais encore bien débrouillée au Lycée, du coup on va viser le plus haut : Classes Préparatoires en Physique Chimie. Tous les professeurs étaient unanimes et mes parents n’allaient pas les contredire.

Encore une fois une orientation très large, et basée sur les capacités plutôt que sur les envies ou le profil. Cette période a pour moi été un échec.

Femme travaillant avec ses livres

La période de Classes Préparatoires a été pour moi un parcours semé d’embûches

J’ai pourtant bien déroulé mes 2 années de Prépa et j’ai trouvé une école d’ingénieur à la sortie mais dans quelles conditions ! Dans la douleur quotidienne. Mais je ne voulais pas échouer. Je ne le devais pas. Quelle déception pour mon entourage ! Alors j’ai persévéré même dans ces conditions.

Je n’avais pas le profil pour ce type d’école. La plupart des autres élèves étaient plus « doués » que la normale. Ils n’avaient pas eu trop à travailler jusque là pour réussir. Ils ont donc commencé à s’y mettre en rentrant en Prépa.

Moi par contre, j’avais toujours beaucoup travaillé. Depuis toujours si vous vous rappelez bien le début de l’article. Du coup je n’avais pas assez de 24h dans mes journées pour ingurgiter tout le savoir qui nous était demandé. Je me suis donc retrouvée en fin de classement. Je dormais 4h par nuit, je passais tout mon temps à travailler dans le stress et les professeurs avaient bien sûr un piètre avis de mes connaissances.

Femme endormie sur son bureau

Le manque de sommeil a été le plus dur à supporter

J’ai accouché de ces 2 années dans la douleur. J’ai eu un concours pour une école dans le domaine alimentaire et j’ai foncé sur l’occasion. Sortir de la Prépa avec quelque chose !

L’école d’ingénieur :

Là s’arrête mon profil étudiant. J’ai fait mes 3 années d’école d’ingénieur, tout en recevant un enseignement assez généraliste en partie. Cela m’était beaucoup plus accessible que les Classes Préparatoires. Et je suis sortie avec mon diplôme prête à travailler, dans le domaine alimentaire bien sûr !

Quel est mon profil professionnel ?

Les premiers boulots :

Mes premiers emplois ont été dans le domaine de l’industrie alimentaire. C’était bien sûr ce à quoi je m’attendais.

Deux personnes en blouse stérile dans une usine

L’industrie alimentaire, mon premier employeur

Mais cela n’a pas duré longtemps, seulement 2 ans. Après lorsque j’ai voulu me rapprocher géographiquement de mon conjoint il a fallu faire d’autres choix car je ne trouvais rien dans ce domaine.

La première reconversion :

Les débuts :

Je me suis adaptée au secteur de la ville où mon conjoint travaillait. Et cela a été l’aéronautique.

Cela a été de gros changements à l’époque :

  • déception de ne pas voir trouvé dans mon domaine ;
  • remise en question pour trouver d’autres débouchés après être sortie de l’école depuis seulement 2 ans ;
  • frayeur de se lancer dans un domaine totalement inconnu et avec un mode de fonctionnement très différent : du conseil alors que je travaillais dans l’opérationnel.

Mais j’y suis arrivé, j’ai trouvé ma place, je me suis formée et j’ai évolué pour finalement me spécialiser en gestion de projet. Je n’aurais jamais cru cela lorsque je faisais mes études dans mon école d’ingénieur. Je pensais me former dans un domaine et y faire toute ma carrière. Mais les vies professionnelles de nos jours sont pleines de rebondissements et demandent à se réinventer constamment.

Femme décrochant un travail

Ma première reconversion professionnelle a été dans le domaine du conseil

J’ai donc fait un bout de chemin dans ce domaine. Je me suis beaucoup investi en interne dans la société. J’ai donc fait du conseil mais également du recrutement, de la formation, de la gestion d’équipe, du développement commercial… Bref je ne m’ennuyais pas. Je cherchais à tout faire, tout apprendre, tout connaître et satisfaire tout le monde. Héritage de mon enfance.

Cela fonctionnait et cela me plaisait alors pourquoi ralentir ? Pourquoi ? Cela s’appelle la Fibromyalgie.

La remise en question :

Après plusieurs années de ce régime intense mon corps a commencé à envoyer quelques signaux pour dire : STOP. Il faudrait ralentir, lever le pied.

Mais comme je n’ai jamais écouté mon corps, mes envies, mes besoins, je n’ai pas commencé à ce moment là. Il ne s’agissait que de « petits » symptômes : paresthésies, fatigue, douleurs… Pas de quoi s’alarmer. On allait faire des examens et trouver ce qui n’allait pas. Tous les détails de l’évolution de ces symptômes sont listés dans mon article « Mes premiers symptômes de la Fibromyalgie« .

Femme fatiguée à son bureau

La fatigue s’est peu à peu installée dans mon quotidien

J’ai donc continué sur le même rythme pendant 1 an en faisant en parallèle des examens pour trouver ce qui clochait. Et au bout d’1 an les signaux se sont faits plus forts. Mon corps a totalement lâché : épuisement total, migraines atroces, fatigue et douleurs insoutenables. Là ça a été l’arrêt médical pendant plusieurs mois. Jusqu’au diagnostic de la Fibromyalgie et ses conséquences.

Allait alors commencer une nouvelle vie professionnelle avec la Fibromyalgie.

Conclusion :

Ma vie professionnelle a été fortement influencée par ma vie personnelle. Ce que j’ai connu enfant, comment cela a façonné ma vie professionnelle, a un lien direct avec ma fibromyalgie. Les traits de caractère que j’ai développé pour me protéger, que j’ai réappliqué dans le domaine professionnel m’ont usé.

Par la suite j’ai dû opérer des changements afin de m’adapter à ce nouvel état de fait. Il y a eu de nombreuses étapes que je vous listerai dans le prochain article. Et ces étapes ne sont pas finies. Je suis en constante évolution, et je ne le vois plus comme quelque chose d’effrayant mais de nécessaire ou de plaisant pour avancer.

Si vous aussi vous souhaitez partager votre expérience et aider les autres personnes fibromyalgiques ou en recherche de réponse n’hésitez pas à me contacter via ma page Contact.

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