Tomber enceinte et Fibromyalgie

Avoir un enfant est un sujet qui ne restait qu’hypothétique dans ma tête au moment où j’ai commencé à développer les premiers symptômes de la fibromyalgie. Mais la maladie a souvent la faculté de nous faire poser de nouvelles questions et prendre de nouveaux chemins dans la vie.

Tomber enceinte en étant fibromyalgique n’a pas été un cheminement facile pour moi mais il a finalement été couronné de succès.

Le désir d’enfant :

Je n’ai pas toujours été animée de ce désir, mais après avoir rencontré la bonne personne c’est devenu une évidence pour moi que cela ferait partie de notre parcours de vie.

Lorsque j’ai développé des symptômes et rencontrée une endocrinologue, elle a évoqué la possibilité d’une ménopause précoce. Je pense que ce possible diagnostic de ménopause précoce m’a plus effrayée que la possibilité d’une SEP (Sclérose En Plaques).

Je ne fais pas de comparaison de gravité entre ces deux maladies, je donne juste mon sentiment à ce moment-là. Je me suis alors demandée : « ai-je trop attendu ? d’être installée dans une ville, une maison, un emploi, mon couple ? ».

Heureusement les résultats biologiques ont démontré que c’était une fausse piste. Si vous voulez en savoir plus sur cette pathologie qu’est la ménopause précoce rendez-vous sur ce site.

Quelques mois plus tard, nous décidions donc de sauter le pas et de concevoir un enfant.

Homme qui saute pour franchir un précipice entre 2 rochers

Je saute le pas !

La première déception :

Cela faisait déjà près d’un an que j’avais des symptômes inconnus quand nous avons pris cette décision. Et peu de temps après j’ai été en arrêt de travail car j’ai eu plusieurs crises de fatigue. J’ai alors essayé des médecines alternatives – la médecine chinoise et l’acupuncture – en attendant un diagnostic.

La praticienne que j’ai vue m’a recommandé d’arrêter toute tentative d’avoir un enfant, pour le moment, étant trop faible pour le supporter. Selon elle, je risquais juste des déceptions en faisant des fausse-couches. Nous avons donc mis ce projet en attente. Première déception.

Personnage du film Vice Versa : la tristesse

Ce premier contre temps forcé m’a rempli de tristesse

Pas la dernière :

Finalement le diagnostic tant attendu est tombé. J’avais un syndrome fibromyalgique. Il ne s’agissait pas d’une maladie qui allait se soigner de façon miraculeuse en prenant une pilule magique mais selon mon rhumatologue je pouvais retrouver un semblant de vie normale.

Personnage du film Vice Versa : la joie

Enfin un peu de lumière et de joie apporté par ce diagnostic

La fatigue était le symptôme le plus difficile à supporter, surtout associé avec le souhait de tomber enceinte. Mais au bout de quelques mois d’aménagement de ma vie, tant professionnelle que personnelle, je me sentais d’attaque pour relancer ce projet qui nous tenait tant à cœur.

Les contre-indications d’une grossesse associée à la fibromyalgie :

Mon traitement pour la fibromyalgie :

Du fait du diagnostic de fibromyalgie, j’étais tout de même inquiète à l’idée de mener une grossesse associée avec les contraintes de la pathologie.

Heureusement le protocole que nous avions mis en place avec mon rhumatologue comprenait très peu de médication. Cela correspond à sa vision de la maladie, plutôt axer sur des modifications de l’environnement personnel, la mise en place de thérapies psychologiques, d’activités physiques et autres. Tout ce qui peut faire du bien et pas forcément l’utilisation de médicaments.

Cela me convenait tout à fait et cela a donc facilité le projet de concevoir un enfant. En effet pour toute personne malade et souhaitant concevoir un enfant, je pense que le traitement médicamenteux est un sujet d’angoisse et de questionnement.

Dans mon cas ce traitement se limitait à :

  • du doliprane en cas de douleurs et migraines : compatible avec une grossesse
  • de la piascledine pour combattre les douleurs au quotidien : médicament contre l’arthrose comprenant soja et avocat, compatible avec une grossesse
  • des suppléments en vitamine D : compatible avec une grossesse
  • de la lamaline en cas de fortes douleurs : totalement incompatible avec une grossesse
Femme enceinte tenant des médicaments et un verre d'eau dans la main

Grossesse et médication : qu’est-ce qui est possible ?

La médication pour la fibromyalgie et la grossesse :

Finalement le seul médicament à éliminer était ce dernier, associant doliprane et opium. Cela ne m’a pas trop poser de problème car il m’avait été prescrit en cas de grosse crise de migraines non solutionnées par le doliprane, le repos… Mais au final, avant même ma grossesse, je ne m’en étais jamais servie.

D’une part parce qu’il faut attendre plusieurs heures avant de pouvoir le prendre, lorsqu’on a déjà pris du doliprane avant. Ce qui était toujours mon cas.

D’autre part parce que j’étais assez craintive à l’idée de prendre quelque chose d’aussi fort.

Dernièrement parce que j’ai l’habitude de recourir aux médicaments en dernier recours. Serrer les dents, attendre que ça passe, dormir, me détendre, utiliser des huiles essentielles… sont autant de méthodes que je privilégie avant de recourir aux médicaments.

Ensuite ce n’est que ma méthode. Chacun a des niveaux de douleur différents face à la maladie. Et chacun a également des seuils d’endurance de la douleur différents.

Donc finalement ce sujet là n’a pas été un frein bloquant au projet de concevoir un enfant.

La première grossesse :

Le premier test de grossesse positif :

Certaines personnes décident d’avoir un enfant, et le mois suivant BINGO, elles sont enceintes. Mais ce n’est pas la généralité, loin de là. En ce qui me concerne il m’a fallu plusieurs mois pour tomber enceinte. Et en cela je me situe dans la norme qui est de 7 mois en moyenne.

Lorsque cela est arrivé, nous étions comblés, les plus heureux du monde. Comme beaucoup dans notre cas j’imagine. Il nous était difficile de cacher notre bonheur et nous ne le voulions pas trop en réalité.

Un couple, homme et femme, enlacé exprimant la joie

Difficile de cacher notre joie à l’annonce de cette grossesse

Donc nous avons annoncé la bonne nouvelle à certaines personnes de notre entourage assez rapidement –  vers 2 mois de grossesse. Enfin ce que je pensais être 2 mois de grossesse…

Après que mon test de grossesse se soit révélé positif, ma généraliste m’a fait faire une prise de sang. Celle-ci a également confirmé la grossesse.

J’ai donc recherché un gynécologue-obstétricien. J’ai pris rendez-vous avec un confrère de mon rhumatologue. Etant donné qu’on ne savait pas l’impact que pourrait avoir la fibromyalgie sur ma grossesse nous avons préféré choisir un gynécologue-obstétricien « ouvert » à la fibromyalgie et avec lequel mon rhumatologue pourrait échanger en cas de besoin.

Le choix du médecin fut parfait, comme vous le lirez par la suite. Nous avons juste eu un petit problème de langage.

Jeune femme surprise devant son téléphone portable

Euhhh je ne suis pas sûre d’avoir bien compris pour le rendez-vous

En effet lorsque je l’ai contacté il m’a donné rendez-vous pour « jeudi prochain » dans la soirée à la clinique. Pour lui cela signifiait le premier jeudi arrivant, moi j’ai compris celui de la semaine suivante…

Résultat : rendez-vous raté, devoir en positionner un autre. Tout ça nous a amené à plus de 2 mois du début présumé de la grossesse.

Le rendez-vous tant espéré :

Nous nous sommes rendus au rendez-vous avec mon conjoint, tous deux confiants. Nous étions juste avant les vacances de Noël. Nous avions prévus de l’annoncer à la famille à ce moment là. Mais ce ne fut pas le cas.

Un rapide examen a suffi au gynécologue pour confirmer que l’embryon ne se développait plus depuis plusieurs semaines. Mon corps avait continué à simuler le développement de la grossesse. Il s’agissait d’un œuf « clair ». Si vous voulez en savoir plus vous pouvez consulter cette page.

En fait je n’avais pas vraiment été enceinte. Mais lorsqu’on le croit et que l’on se projette, ce « détail technique » ne fait pas de différence.

Je n’ai finalement pas eu à prendre de médication afin de provoquer l' »expulsion » de l’œuf, terme que je trouve un peu barbare. A peine quelques heures après avoir eu le diagnostic, mon corps a commencé à assimiler cette réalité et les symptômes de la grossesse ont commencé à disparaître. Mon ventre s’est mis à dégonfler et j’ai commencé à avoir des pertes de sang.

La fausse couche s’est réellement déclenchée quelques jours après, la veille de Noël… Pas terrible comme date, on s’est souvient facilement, surtout associée aux douleurs physiques et en sachant ce que cela représente.

Jeune femme triste devant un sapin de Noël

Un Noël bien triste alors que nous pensions annoncer une bonne nouvelle

Les fausses couches :

Au final nous n’étions pas du tout renseigné sur les fausses couches. C’est un sujet dont on parle peu. Il est d’ailleurs conseillé aux jeunes couples d’attendre 3 mois et la première échographie avant de l’annoncer en raison de ces risques de fausses couches.

Mais en fait qui cela concerne-t-il ? Cela arrive-t-il si souvent ?

Dans mon cas il s’agissait d’une fausse couche précoce, arrivée dans les premières semaines de la grossesse.

« Au moins 15 % des grossesses se terminent par une fausse couche précoce (avant 14 semaines d’aménorrhée). »

Si vous voulez plus d’information vous pouvez vous rendre sur cette page.

Mon gynécologue m’a même confié que selon lui ce chiffre est sans doute encore plus important. En effet combien de femmes ont constaté des retards de règles de quelques jours. Peut-être s’agissait-il en fait de grossesses très précoces n’ayant pas été menées à terme ? Il semblerait donc que, finalement, 1 grossesse sur 3, voire sur 2, aboutirait à une fausse couche.

Quoiqu’il en soit c’est un sujet encore tabou dont on parle peu.

Femme mettant un doigt devant la bouche pour signifier qu'il s'agit d'un sujet tabou

Les fausses couches sont souvent considérées comme un sujet tabou

Et si vous n’avez pas de personne proche ayant subi cette épreuve et ayant échangé avec vous vous pouvez tomber de haut.

Alors la faute à pas de chance ou à la fibromyalgie ? Difficile à dire, il semblerait que les mécanismes de la fibromyalgie et de ceux de la procréation soient tous deux encore à mystérieux par certains aspects.

Mais qu’en disent les recherches ? Je m’attellerai à ce vaste sujet dans un prochain article.

La deuxième grossesse :

Là où mon gynécologue a vraiment été d’une aide précieuse, a été pour la suite. Il a toujours été très positif et nous a justement rassuré en nous expliquant que cela arrivait assez souvent même si ce n’était pas forcément connu.

Nous n’avions plu qu’à réessayer. Pas forcément évident au début, en ayant eu cette mauvaise expérience mais la vie continue, et doit continuer.

Quelques mois plus tard j’étais à nouveau enceinte et beaucoup plus prudente. A raison, cette grossesse ci n’a pas abouti non plus. Tout comme la première.

Homme tenant le dessin d'un visage triste devant sa tête

Nouvel échec

La différence a été que j’étais préparée à cette éventualité et mon corps n’a pas continué à « simuler » la grossesse cette fois-ci.

La fibromyalgie et les fausses couches :

Cependant de nouveaux questionnements sont forcément apparus. Deux fausse couches est-ce normal ? Est-ce que ma fibromyalgie n’aurait pas un impact ?

Mon gynécologue nous a rassuré encore une fois en nous apprenant que des analyses de fertilité n’étaient pratiquées qu’après 3 fausses couches. Et qu’encore à ce stade là il ne fallait pas s’alarmer. Lui même avait souvent constaté que les blocages étaient plutôt psychologiques que physiques, très peu de maladies expliquent des problèmes de fertilité.

Des blocages psychologiques ? Là tout de suite la fibromyalgie m’apparu plus comme ayant un lien possible avec mes fausses couches qu’auparavant. Enfin les causes de ma fibromyalgie…

Dessin d'une jeune femme se posant des questions sur sa capacité à faire un bébé

Faire un bébé n’est pas aussi évident pour tout le monde – crédit photo : bébé pas pressé

Cela peut sembler logique car être dans de bonnes conditions mentales pour tomber enceinte est primordial. Je suivais alors une psychologie en lien avec ma fibromyalgie et quelques mois après c’était la bonne !

Enfin enceinte :

Troisième grossesse !

Forcément nous étions toujours très méfiants mais les premiers signes étaient là : arrêt des règles et nausées. Ce symptôme là je ne l’avais pas lors des deux grossesses précédentes et il s’est révélé primordial.

J’étais enceinte et tout semblait normal, nous avons même entendu le cœur du bébé. C’était la première fois que cela arrivait et c’était magique.

Couple avec un gynécologue faisant une échographie permettant d'entendre le cœur du bébé pour la première fois

Nous avons enfin entendu le cœur du bébé – crédit photo : le-roux-tard

Mais bien sûr au vu des deux précédentes grossesses nous n’avons pas parlé de cette bonne nouvelle au début. Nous avons sagement attendu la fin du premier trimestre et l’échographie confirmant que tout était normal.

Et la bonne nouvelle a pu enfin être annoncée, ce que nous attendions tant.

Au final il nous aura fallu attendre plus de 2 ans entre notre désir d’enfant et la grossesse qui allait tout changer. Mais nous y sommes arrivés.

L’annonce de la grossesse :

Après avoir eu deux déconvenues, nous nous sommes donc pliés à la norme qui est de n’annoncer une grossesse qu’au bout d’un trimestre de grossesse. Mais je pense qu’aujourd’hui je ferais peut-être différemment.

En effet pourquoi agissons nous ainsi ? Parce que nous ne voulons pas voir, partager, la tristesse et la peine de notre entourage. Nous voulons nous en protéger en la rejetant. Et nous demandons donc aux autre de faire pareil en ne nous soumettant pas à des émotions négatives.

Femme avec un visage triste tenant dans sa main un masque avec son visage exprimant la joie

Nous devons trop souvent afficher un masque de joie en toute circonstance

D’ailleurs nous agissons de même avec nos enfants, nous ne voulons pas les voir pleurer ou tristes. Donc, soit nous essayons de leur éviter ces peines, soit nous leur demandons de ne pas nous les montrer, de ne pas pleurer.

Nous devons nous reconnecter à nos émotions, qu’elles soient positives ou négatives. Et apprendre à les gérer, et à vivre avec. C’est quelque chose que nous avons oublié dans notre société.

Nous cachons ce que nous ressentons, présentons un visage avenant et réjoui en tout circonstance. Et au bout d’un moment notre corps ne supporte plus ce stress, et explose comme une cocotte minute. C’est en tout cas ce que j’ai personnellement expérimenté avec la fibromyalgie.

Conclusion :

Notre histoire de désir d’enfant peut sembler assez classique pour de nombreux couples  –  qu’ils aient ou non des problèmes de santé dans leur sein.

Je ne peux pas affirmer que la fibromyalgie a eu un impact négatif sur ma faculté à tomber enceinte. Mais je pense que l’état psychologique dans lequel j’étais a fortement influencé le résultat final.

Mon conseil : n’abandonnez pas, acceptez vos émotions !

Et prenez soin de vous, c’est primordial pour accueillir un bébé, tout d’abord dans votre ventre et ensuite dans vos bras.

Si vous aussi vous souhaitez partager votre expérience et aider les autres personnes fibromyalgiques ou en recherche de réponse n’hésitez pas à me contacter via ma page Contact.

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