Une nouvelle vie professionnelle avec la Fibromyalgie

Comme vous avez pu le lire dans mon précédent article « Ma vie professionnelle après la Fibromyalgie« , après la découverte de ma pathologie j’ai mis en place plusieurs actions avec la société pour laquelle je travaillais pour adapter mon poste à ma nouvelle situation.

Il y a eu du mieux mais cela n’a pas suffit. Il me fallait maintenant prendre des décisions plus radicales, impactant tous les aspects de ma vie : professionnel, personnel, familial… Bref une vraie remise en question.

La décision qui a tout changé :

Avant la Fibromyalgie, ma vie me plaisait. Ma vie professionnelle aussi. Je me sentais épanouie. Voilà pourquoi, aussi, j’ai eu des difficultés au début à accepter les changements que j’allais devoir opérer, sans les avoir désirés.

Infographie sur le changement

Les étapes du changement sont associées aux différentes phases du deuil – crédit photo : bloculus

Les premières étapes ont donc été :

  • l’acceptation ;
  • la mise en place d’adaptations ;
  • la pérennisation du système.

Mais mon nouveau monde à peu près stabilisé a explosé avec un nouvel élément : mon premier enfant !

Et oui on ne le dira jamais assez, les enfants vous changent la vie. Et c’est quand ils sont vraiment là que l’on prend vraiment conscience de l’ampleur.

Mon Happy Bébé a forcément tout bouleversé et ma vie professionnelle de consultante à la ville n’est plus devenue une priorité, ni une envie. J’avais besoin de changement pour elle et pour nous aussi en tant que famille.

J’ai donc négocié avec la société pour laquelle je travaillais pour pouvoir partir. Cela n’a pas été évident. Bizarrement ils ne voulaient pas se séparer de moi malgré tous les « boulets » que je traînais avec ma pathologie.  Mais ils ont compris que j’étais arrivée au bout d’un cycle, que je ne m’épanouissais plus dans ce que je faisais, que j’étais fatiguée. Et je suis partie.

Je suis partie de cette société, mais également de ma maison et de la ville dans laquelle nous vivions depuis de nombreuses années. Nous avons également laissé des amis, seul aspect que nous allions regretter, mais nous ne partions pas pour très loin.

Qu’est-ce que je vais faire maintenant ?

Première idée, retour aux sources :

Le concept :

Au tout début de la naissance d’Happy Bébé je pensais reprendre un travail « classique ». J’étais fatiguée oui mais cela allait passer après les premiers mois passés.

J’ai donc postulé dans notre nouveau lieu de vie à différents types d’emplois :

  • soit correspondant à ma formation initiale ;
  • soit utilisant les compétences que j’avais développées mais pour de nouveaux métiers : dans des associations, dans la vie publique (agglomérations, conseil départemental,…), dans l’environnement…

Bref tout ce qui me plaisait et où j’avais des compétences. Pas si compliqué non ? Je cherchais des emplois avec peu de responsabilités, pas de management… pour avoir des horaires réguliers et peu de stress.

Photo d'une jeune femme  en recherche sur son ordinateur

Après la définition de mes objectifs, la recherche d’emploi

Le résultat :

Et bien si ma petite dame. Nous sommes en France. Donc si vous postulez à une annonce qui ne correspond pas au métier que vous faites depuis les 5 dernières années ça ne marche pas.

Vous avez beau démontrer que vous avez toutes les compétences et même plus, vous n’êtes même pas rappelée. Forcément il y a un loup, après avoir géré une équipe vous ne pouvez pas vouloir « juste » un métier administratif classique. J’ai même eu une personne au téléphone qui m’a dit qu’elle « ne comptait pas quitter son poste tout de suite ». Comprendre : je n’ai pas envie que vous me piquiez ma place.

Image de film

Non mais vous êtes sérieux ? Vous ne m’embauchez pas parce que vous avez peur que je vous pique votre place ?

Après beaucoup d’énervement et d’agacement contre tous ces clampins englués dans leur ignorance et leurs habitudes, je me suis fait une raison :

  • finalement c’est peut-être un mal pour un bien : ce n’était pas fait pour moi ;
  • reprendre un métier 35h par semaine, même avec moins de stress, allais-je vraiment y arriver ? Pas si sûr, la fatigue et les douleurs étaient toujours bien présentes. Et une nouvelle entreprise n’allait pas être compréhensive comme l’ancienne avec qui j’avais travaillé pendant des années.

Bon virement à 180°, je change de cap.

Deuxième idée, je conserve le métier et je change les conditions de travail :

Le concept :

Apparemment ce que j’ai fait les dernières années me définit. Et oui malheureusement nous sommes en France et du coup nous sommes évalués sur nos expériences et non pas nos compétences acquises. Dur dur de sauter d’un métier à l’autre, d’un secteur d’activité à un autre.

Alors qu’est ce que je sais faire :

  • gestion de projet ;
  • performance des organisations ;
  • rédaction d’appels d’offres ;
  • formation ;
  • commercial (beurk ça je vais laisser de côté) ;
  • recrutement (bof si c’est pour faire du sourcing pour des sociétés pas super intéressant) ;
  • gestion d’équipes (ben ça c’est plus trop possible).
Liste de compétences

Bon maintenant que les compétences sont listées, action !

Bon c’est déjà pas mal, on va garder les 4 premiers et laisser les autres de côté.

Et quelles seront mes conditions de travail à présent ? C’est là où tout change.

J’avais déjà constaté dans mes précédentes missions que tout ce que je faisais pour mes clients chez eux, je pouvais le faire facilement à distance dans 90% des cas. Je n’avais plus qu’à proposer mes compétences à distance et sur des temps partiel. Cela allait me permettre de gérer ma pathologie et de travailler en fonction de mes capacités. Super, c’est parti !

Le résultat :

Je pense avoir eu au bout du fil toutes les sociétés de conseil et d’ingénierie qui existent dans mon environnement géographique proche, et tous les recruteurs aussi.

Je n’étais pas limitée géographiquement mais forcément mes expériences parlaient pour moi et les sociétés qui me contactaient se basaient sur mes expériences passées.

Elles étaient toutes très enthousiastes. J’étais le profil qu’ils recherchaient. Ils avaient le client qu’il me fallait. Mais dès que je parlais de mes « contraintes » (que je n’avais pas listées sur mon CV pour avoir des contacts et pouvoir présenter mon projet) : travail à distance et temps partiel… Plouf, tombé à l’eau, fini.

Photo d'une jeune femme surprise au téléphone

Allô ? Allô ? Il n’y a plus personne ?

La plupart était compréhensif. Certains même intéressés par la démarche. Mais aucun n’a donné suite car vous comprenez : « nos clients n’ont pas l’habitude de travailler comme ça ». Et oui je les connaissais leurs clients, je savais qu’ils n’avaient pas l’habitude de bouleverser leurs petites habitudes.

Et malgré tous les avantages que je leur présentais :

  • meilleure gestion des coûts et des temps (combien de fois ai-je dû attendre qu’on veuille bien me donner quelque chose à faire lorsque j’étais en poste chez un client) ;
  • compétences plus développées (car au final ils vont sélectionner un jeune embauché qui ne connait pas le travail et qu’ils vont « former » sur le tas)
  • flexibilité…

Cela n’est jamais allé très loin. Les seuls avec qui j’ai eu un deuxième rendez-vous étaient les jeunes recruteurs qui devaient en parler avec leur management et qui revenaient invariablement avec la même réponse. Non désolé ce n’est pas possible nous ne travaillons pas comme cela.

Troisième idée, je fais évoluer mon métier actuel :

Le concept :

Alors bien sûr contacter les sociétés de conseil et candidater aux offres n’ont pas été mes seules actions. Je me suis aussi inscrite sur bon nombre de sites pour freelance, ou indépendant en français.

Et ce que j’ai constaté c’est que ce que je proposais n’était pas vraiment recherché dans ce monde là. Mes compétences étaient un peu « old school », parfaites pour travailler dans nos entreprises industrielles mais pas vraiment recherchées pour celles d’internet. Et ce sont elles qui font travailler à distance justement, ce que je souhaitais.

Conclusion : je dois me former et réorienter mon profil. Mais vers quoi et comment ?

Infographie sur la formation

Pour évoluer, il me faut me former – crédit photo : forminprev

Quelles formations ?

J’ai d’abord voulu faire évoluer mon métier de base qui est Chef de projet dans le domaine du numérique. Cela demandait à me former principalement au métier de Community Manager afin de devenir Chef de projet numérique. Ce métier englobe des tâches comme :

  • animer les communautés sur internet (réseaux sociaux…) ;
  • développer l’audience et la réputation d’une entreprise ou d’une marque ;
  • créer et diffuser des contenus (sur les réseaux sociaux, un blog, une boutique en ligne…).

Puis sur les conseils de ma conseillère Pôle Emploi je me suis également intéressée à la formation à distance.

Infographie sur la formation de formateurs

Pour devenir e-formateur, des techniques et logiciels spécifiques sont à connaître

Quel accompagnement ?

Après avoir quitté l’entreprise pour laquelle je travaillais en tant que consultante, j’ai été suivie par Pôle Emploi.

Plusieurs interlocuteurs et solutions se sont succédées :

  • le conseiller Pôle Emploi « classique »
  • le conseiller Pôle Emploi pour les cadres
  • le conseiller Pôle Emploi référente handicap (du fait de mon RQTH)

Vous pouvez également être suivie par CAP Emploi si vous êtes reconnu travailleur handicapé.

Alors clairement, en tant que fibromyalgique, je ne vais pas vous dire il vaut mieux un référent handicap ou pas. Je pense que c’est plutôt une question de personne.

Au tout début j’ai eu un conseiller « classique ». J’étais au tout début de ma recherche et autonome donc j’avais peu de rendez-vous avec lui. J’en ai eu des spécifiques « cadres » qui personnellement ne m’ont rien apportés.

Dernièrement je suis avec une référente handicap et je dois dire que c’est maintenant que ça avance le plus.

J’ai des besoins de formation et en tant que Bac+5 la réponse de mes précédents conseillers a toujours été : « vous êtes trop diplômée, nous n’avons pas de budget pour vous ».

Photo d'un cochon tirelire vide

Désolé les caisses sont vides

J’ai des heures de CPF (Compte Personnel de Formation) que j’ai accumulées lors de mes précédents jobs mais pas suffisamment pour une « vraie » formation. Surtout lorsque, comme moi, on recherche des formations à distance et pas sur du plein temps, car évidemment comme pour ma recherche d’emploi, cela ne m’est plus physiquement possible.

En ce moment je suis en attente d’une formation financée conjointement par mon CPF et Pôle Emploi. Je croise les doigts.

Le résultat :

Je me suis beaucoup formée seule sur internet via des MOOC (Massive Open Online Course) principalement. On en trouve beaucoup. Il faut être organisé et chercher aussi pas mal de choses par soi-même car comme cela est gratuit, forcément c’est moins complet qu’une formation payante.

Infographie sur le community management

Le community management permet d’agir dans de nombreux domaines du digital marketing – crédit photo : mounirdigital

J’ai passé beaucoup de temps sur les domaines comme les réseaux sociaux, le référencement, la création de blog… Et je continue encore à me former. Il y a beaucoup à apprendre et cela évolue constamment. Ce blog est mon premier exercice pratique.

La formation que j’espère commencer prochainement est sur la création de formation à distance. J’en attends beaucoup pour donner encore un autre élan à ma nouvelle carrière professionnelle.

Ma situation aujourd’hui :

Aujourd’hui je continue de me former encore et encore. J’écris sur ce blog et je démarche des sociétés pour leur proposer mes services de Chef de projet numérique, et j’espère sous peu de Formatrice à distance.

C’est encore compliqué, cela prend du temps et il faut s’accrocher. Mais cela me correspond et je dois dire que c’est l’un des points essentiels.

Et pour vous ?

Alors il est évident que nous n’avons pas tous les mêmes compétences ni les mêmes envies. Tous les fibromyalgiques ne peuvent pas devenir Community Manager. Cela me ferait beaucoup de concurrence !

Pour trouver sa voie je pense qu’il faut d’abord poser à plat :

  • quelles sont nos envies ;
  • quelles sont nos contraintes.

Avec cela plusieurs voies peuvent se dessiner et il est possible de déterminer ce qui est faisable et avec quelle aide.

Mes contraintes principales étaient les déplacements et les temps de travail. Je pense que ces contraintes seront communes à la plupart des fibromyalgiques.

Infographie sur le temps partiel vs le plein temps

Pouvoir travailler à temps partiel, indispensable pour moi, et vous ?

Voici donc une petite liste de métiers qui pourraient correspondre au vu de ces contraintes de déplacement et de temps de travail adaptable (si le métier que vous visez n’y est pas cela ne veut bien sûr pas dire que c’est irréalisable) :

  • créateur : créez une boutique en ligne et vendez vos créations (bijoux, vêtements, jouets, photographies…) ;
  • enseignant à domicile : donnez des cours à votre domicile que ce soit du soutien scolaire ou des activités extra-scolaires (cours de dessin, de musique,…) ;
  • métiers du web : blogueur, formateur à distance, graphiste, programmateur, illustrateur, marketing de réseau…
  • métiers de l’écrit (cela peut être également sur le web) : traducteur, écrivain, correcteur, secrétaire à distance…
  • métiers autours des animaux : si vous avez de la place et l’amour des animaux (pension animale, garde et promenade)
  • métiers autour du tourisme : création de gites ou chambres d’hôtes
  • métiers autour du bien-être : massage, sophrologie, hypnose…
  • vente à domicile : tous les domaines s’y prêtent aujourd’hui et peut-être est-ce possible de faire les présentations chez soi

Et j’en ai sans doute oublié !

Conclusion :

Que de chemin parcouru lorsque je revois toutes ces étapes :

Et vous où en êtes-vous ?

Si vous aussi vous souhaitez partager votre expérience et aider les autres personnes fibromyalgiques ou en recherche de réponse n’hésitez pas à me contacter via ma page Contact.

Nous serions ravis de connaître votre avis

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