Mères toxiques et Fibromyalgie

En voilà un sujet intéressant, et glissant… Notre vie est constituée de nombreuses relations, plus ou moins enrichissantes, et plus ou moins toxiques.

Lorsque l’on développe un syndrome fibromyalgique, tout devient plus compliqué et fatiguant. Le simple fait d’entretenir des relations sociales demande de l’organisation, des choix, et entraîne parfois des déceptions lorsque l’on ne peut pas honorer certains engagements.

Ici je voulais aborder le sujet bien particulier de la relation avec les parents, avec les mères toxiques notamment. C’est un sujet qui me touche particulièrement et dont la rédaction m’a beaucoup éprouvée. Je m’appuierai sur un livre traitant des mères toxiques, mais cela peut tout à fait être transposé aux pères toxiques.

Pourquoi parler de mères toxiques en association avec la fibromyalgie ?

La relation avec nos parents va orienter notre caractère, nos réactions, et cela dès la plus petite enfance. Avoir des parents toxiques et être fibromyalgique se révèle d’autant plus difficile.

Pour moi, cela peut même se lire à l’envers. Avoir des parents toxiques m’a peu à peu fait glisser vers la fibromyalgie. Et c’est mon suivi avec une psychologue qui m’a permis d’y voir clair dans mon enfance et de comprendre comment tous les chaînons s’assemblaient (j’y reviendrai dans un prochain article également).

Femme assise dans un fauteuil dans la cabinet d'un psychologue

Accepter ma fibromyalgie est notamment passé par des séances chez le psychologue

La grande conclusion de ce suivi a été que je n’ai pas des parents bienveillants. Et non, ce n’est pas automatique. Et oui, il faut l’accepter et trouver le moyen de vivre avec car ils ne changeront pas.

Ma psychologue n’avait pas mis de terme spécifique sur leur nature étant donné qu’elle ne jugeait pas et me laissait faire mon cheminement de pensée. Mais le terme de « relation toxique » s’est rapidement imposé à moi.

Voilà pourquoi lorsque je suis tombée sur le livre Terri Apter « Les mères toxiques » à la médiathèque, je me suis dit qu’il fallait absolument que je le lise. Cela faisait un petit moment que je voulais me procurer un livre sur le sujet, et là l’occasion m’était donnée.

Le livre « Les mères toxiques » de Terri Apter :

Les sous-titre du livre est : Les comprendre pour se libérer de leur emprise. C’est une accroche qui m’a tout de suite parlé.

L’auteure est psychologue, mère et fille d’une mère toxique. Autant dire que c’est un sujet qui lui parlait également beaucoup et qui a été dicté par sa propre expérience.

Mais pour le réaliser elle a effectué de nombreuses recherches, des études, des interviews afin de présenter des cas. Elle s’appuie sur des ouvrages et des recherches scientifiques notamment sur le fonctionnement du cerveau de l’enfant, le rôle de la mère, la relation mère/enfant, leurs intéractions, l’impact sur l’enfant tout au long de sa vie… Elle présente ainsi les conséquences de cette toxicité sur le développement des compétences de l’enfant et son mode de pensée.

Si ce livre vous intéresse vous le trouverez ici sous différents formats :

  • format broché à tout petit prix ;
  • format kindle pour les adeptes de la liseuse ;
  • format poche parfois plus pratique à transporter.
Photo de couverture du livre "Les mères toxiques"

Photo de couverture du livre « Les mères toxiques » de Terri Apter

Organisation du livre « Les mères toxiques » :

L’auteure présente tout d’abord les points communs des mères toxiques.

Puis, elle explique, scientifiquement, pourquoi notre relation avec notre mère est si importante dans notre vie.

Enfin, elle détaille les 5 profils de mère toxique.

Pour finir, elle nous permet de répondre à la question « suis-je une mère toxique ? » et nous donne les clés afin de surmonter les conséquences de cette relation par la Résilience.

Je vais ici vous résumer les éléments qui ont attiré mon attention. Il ne s’agit pas d’un résumé du livre mais juste les éléments qui m’ont interpellé.

Je m’excuse d’avance :

  • si certaines reformulations/interprétations de ma part ne reprennent pas exactement la pensée de l’auteure, c’est qu’elles sont teintées de mon propre sentiment ;
  • ou si certains passages ont été repris intégralement, c’est que pour moi ils étaient d’une clarté sans appel (ce qui est plutôt un compliment pour l’auteure).

Les paragraphes seront séparés en deux parties : ce que dit le livre et ce que cela évoque en moi.

Les mères toxiques :

Ce que dit le livre :

Le sujet de la mère toxique résonne chez beaucoup de personnes, environ 20% de la population en serait « victime ».

Il est courant dans notre société d’avoir en tête le modèle d’idéal de l’amour maternel qui va nous pousser à accepter et à nous taire face à une mère toxique.

L’enfant rentrera alors dans le cercle vicieux de toujours faire de son mieux, mais la mère trouvera toujours quelque chose à reprocher.

Une jeune femme face à l'incompréhension de sa mère les 2 mains levées

Une mère toxique trouvera toujours quelque chose à reprocher à son enfant

Dans cette relation toxique, l’enfant développera néanmoins certaines qualités qui l’aideront dans sa vie d’adulte : tolérance, diplomatie, compassion et patience. Mais à quel prix…

Ce livre traite de la relation avec la mère, car c’est celle qui sera la plus formatrice (ou déformatrice) pour l’enfant. Mais une relation toxique peut exister avec n’importe qui : le père, le frère, la sœur, la grand-mère…

Cet ouvrage permet d’identifier si notre mère est toxique et d’apprendre à vivre avec. Il est courant de se plaindre de ses parents, ce n’est pas pour autant que tous les parents sont toxiques, bien heureusement.

En opposition aux mères toxiques, l’auteur développe le concept, non pas de mère « parfaite » mais, de mère « suffisamment bonne ». Celle-ci sera pour son enfant la meilleure mère possible, recherchant son bonheur et faisant de son mieux au quotidien.

Ce que cela évoque en moi :

Lorsque des différends nous opposent à nos parents – ou à qui que ce soit d’autre – il est facile de reporter la faute sur l’autre.

De mon côté j’avais besoin de faire le point sur ma relation avec mes parents. Ceci avait été fait en partie via mes consultations avec une psychologue mais jamais elle n’avait jugé ou mis d’étiquette sur mes parents.

L’entourage ne peut pas non plus juger de la relation. Il est surprenant pour lui de nous entendre évoquer un père et/ou un mère toxique, comme cela l’a été pour moi. En effet l’image que l’extérieur aura de ces personnes sera toujours positif et ce n’est qu’après discussion et échange qu’ils identifieront certains signes qui leur feront peut-être réviser leur opinion.

Photo d'une femme avec une moitié de visage souriante et une moitié en colère

Il n’est pas toujours facile de voir le vrai visage des parents toxiques, il ne se révèle que dans l’intimité

Voir si mes parents rentrent ou pas dans la notion de toxicité telle qu’évoquée dans ce livre aura été pour moi un grand pas en avant.

Le schéma de la mère toxique :

Ce que dit le livre :

La relation :

Notre relation avec une mère toxique :

  • modèlera notre comportement même après notre départ de la maison ou la disparition de notre mère ;
  • nous donnera l’impression de toujours vivre sur une corde raide ;
  • développera chez nous un sentiment de peur de l’abandon ;
  • nous poussera à :
    • ravaler nos espoirs et nos envies,
    • renoncer à une véritable communication avec notre mère pour un semblant de confort,
    • renoncer à une relation où nous serons vu et compris.

Une mère toxique refuse l’évolution de son enfant. L’enfant développe alors une maturité apparente qui entraîne une absence d’exploration de soi.

Dessin d'une mère faisant de l'ombre à son enfant

Une mère toxique tentera toujours d’agir sur son enfant pour qu’il aille dans la direction qu’elle aura choisie – crédit photo : Anne Laure Buffet « Les mères qui blessent »

Nous nous attendons à ce que notre mère tente de nous comprendre par l’observation, par son engagement auprès de nous. Mais une mère toxique affirme savoir ce que nous devons être et faire. Il ne reste alors que deux solutions à l’enfant :

  1. préserver ses pensées, ses idées et ses besoins ;
  2. ou préserver la relation avec le parent.

Pourquoi une mère toxique agira-t-elle comme cela ? Peut-être est-ce également dû à une maltraitance dans l’enfance, et sa réaction est son seul moyen d’exercer un pouvoir sur le monde.

Quel type de toxicité :

Mais alors comment la toxicité d’un parent s’exprimera-t-elle ?

Plusieurs réactions peuvent être observées :

  • un coup de colère « sans prévenir » ;
  • un parent qui dira à son enfant « tu es méchant si tu ne fais pas ce que je veux » ;
  • ou « ton bonheur me blesse ».

Cinq schémas de toxicité ont été établis par l’auteur (ceux-ci seront détaillés dans les chapitres suivants) :

  1. la colère : pour contrôler, menacer, influencer ;
  2. le contrôle : le parent a des attentes précises sur les actions, les pensées, les sentiments de l’enfant ;
  3. le narcissisme : l’enfant devient un miroir qui flatte et glorifie, un faire-valoir ;
  4. l’envie : le parent a du ressentiment face au bonheur ou à la réussite de son enfant ;
  5. la négligence : par omission (manque d’intérêt ou de soins – médicaux, nourriture, hygiène…) comme dans le cas de la dépression ou de l’alcoolisme.

Ce que cela évoque en moi :

Les conséquences de cette relation sur moi :

La relation toxique dans mon enfance a eu pour conséquence au niveau de mon développement :

  • une empathie exacerbée avec la recherche continue de la satisfaction des autres (d’abord celle de mes parents, puis à l’école et enfin professionnellement) ;
  • une difficulté d’attachement aux autres.
Petite fille à l'écart des jeux d'un groupe d'enfant

Je me suis toujours mise un peu à l’écart des autres groupes d’enfant – crédit photo : rayures et ratures

Pour ce dernier point, j’ai en tête une scène lorsque j’avais une vingtaine d’années. Pendant mes études, l’une de mes amies est partie faire une année de césure à l’étranger. Tout le monde était en pleurs au moment de son départ car nous n’allions pas la revoir avant un bon moment. Tout le monde, sauf moi ! Et c’était de moi qu’elle était la plus proche.

Je me rappelle de moi à cet instant, considérant ma réaction et la leur avec surprise. Pourquoi étaient-ils en pleurs ? Parce qu’elle allait nous manquer.

Pourquoi moi je ne ressentais pas ce besoin de pleurer, d’exprimer ce manque que son absence allait provoquer ? Je pense, qu’encore une fois, c’était parce que je me protégeais. Et que je n’arrivais pas à m’attacher aux autres au delà d’un certain niveau.

Comment expliquer mes réactions :

Mes parents m’ont toujours trouvée très mature. Ils en étaient même très fiers et s’en vantaient dans l’entourage. Je n’ai jamais posé de problème, même pas de crise d’adolescence.

Photo d'une petite fille travaillant à l'école

J’étais l’exemple même de l’enfant sage qui ne fait pas de vague

Cela démontre juste l’absence d’affirmation de moi durant cette période, ainsi que leur manque d’attention envers moi en tant que personne. Les années suivantes l’ont démontré avec une méconnaissance totale de leur côté de mes goûts, de mes envies…

Ma réaction initiale a été de préserver la relation avec mes parents. Je ne connaissais que ce mode de fonctionnement familial de toute façon. Pour moi, tout était « normal ». Je ne pouvais pas faire de comparaison, nous fréquentions très peu de monde. Puis je me suis affirmée en grandissant et découvrant le monde, et tout a changé…

La mère toxique en colère :

Ce que dit le livre :

L’auteur expose que les enfants de mères toxiques de part leur colère apprennent très vite à repérer les moments où celle-ci change de visage.

En effet, à un moment, sans que l’enfant ne sache pourquoi, le visage se crispe, le corps se tend… Et là c’est l’explosion de colère. Chaque enfant décrit très bien des expressions physiques caractéristiques, un ton de voix qui change… annonciateur de la colère.

Mère qui crie sur sa fille

La mère toxique en colère

Des parades, afin de s’apaiser et de gérer leur peur, sont alors mis en place par les enfants :

  • obstruction : se fermer à tout sentiment  ;
  • acceptation : accepter et recevoir cette colère ;
  • compulsion de répétition : essayer d’améliorer le scénario vécu…

Les enfants se retrouvant dans ces situations ont dû mal à décrire les situations vécues dans leur enfance. Tout est flou car une grande partie de leur énergie est dédiée à leur défense lors de ces situations de colère.

Pour s’adapter à cette situations, plusieurs issues fréquentes peuvent être compilées, l’enfant va adopter un rôle :

  • de conciliateur : l’enfant ne supporte pas le conflit, d’être fâché avec sa mère et va tout faire pour rétablir la situation ;
  • d’obstrusif : l’enfant va fuir les situations de colère ;
  • de réplicateur : l’enfant va rechercher le même schéma dans la relation de couple ou avec son enfant.

Ce que cela évoque en moi :

L’expérience de mon enfance :

A la lecture des 5 profils de toxicité décrits par l’auteur, je n’avais pas conservé celui de la « colère » comme me concernant. Et finalement après avoir lu les détails et les témoignages je me suis rendu à l’évidence que ma mère exerce sa toxicité par la colère.

Comme décrits par l’auteur j’ai très peu de souvenirs nets et anciens de mon enfance. Encore moins de souvenirs heureux. Cela a d’ailleurs été une question longtemps débattue avec ma psychologue.

Peut-être est-ce pour cela que j’attache une si grande importance aux photographies. C’est un moyen pour moins de me rappeler les événements passés, et surtout de ne rien oublier des bons !

Album de photographies

J’ai toujours aimé conserver et regarder les albums photos des moments passés

Tous comme les enfants le décrivent dans ce chapitre, j’avais aussi repéré les moments où ma mère était sur le point d’exploser par l’expression de son visage, sans que j’en comprenne la raison.

Je devais toujours venir vers elle et m’excuser (sans que je sache vraiment bien pourquoi). Je ne supportais pas d’être fâché avec elle, et même encore aujourd’hui c’est le cas avec mon entourage. Le fait d’être en conflit avec quelqu’un m’est très désagréable et je déploie beaucoup d’énergie pour corriger la situation.

Dans mon enfance, je faisais beaucoup de cauchemars. Toujours les mêmes. Toujours dans le même ordre. Et je m’endormais la boule au ventre en sachant que je n’allais pas y échapper encore cette nuit.

J’avais alors mis en place une sorte de rituel pour m’apaiser, je me sentais protégée : je récitais une prière et je ne faisais pas de cauchemars.

Ma réaction face à cette colère :

Ma réaction face à la colère de ma mère a été l’obstruction : je me suis fermée à tout sentiment, ce qui m’a également beaucoup fermé aux relations avec les autres par conséquent.

J’ai rapidement adopté un rôle de conciliateur entre mes parents, avec mes grand-parents… même toute petite.

Deux mains en coupe qui tiennent un découpage représentant une famille

J’ai très tôt exercé un rôle de médiateur au sein de ma famille

Cela m’a permis d’avoir des relations apaisées avec tout le monde (famille, amis, collègues de travail) mais cela m’a épuisé physiquement et psychologiquement. Et ces relations n’ont été « profondes » avec personne… ou presque.

Le seul avec qui j’ai pu commencer à être moi même, à mettre de côté mon rôle de conciliateur et à assumer mes envies, a été mon conjoint. En contre partie il subit mes humeurs comme tout un chacun.

Parfois il bougonne que lui seul ne profite pas de ma diplomatie, mais je le console en lui disant qu’il est le seul à me voir comme cela parce qu’il est le seul à me connaître et me voir réellement telle que je suis.

J’ai un temps craint de reproduire ce schéma de colère avec mes enfants  mais heureusement mes accès de colère sont très rares, de courtes durées, le retour à la normale est rapide et je suis consciente de mes « dérapages ». Ce qui me permet de travailler dessus et de moins les reproduire au fil du temps.

La mère toxique toute-puissante :

Ce que dit le livre :

Où s’arrête le « contrôle raisonnable » et où commence la « domination » ? Voilà toute la question.

Pour y répondre il faut s’intéresser au contexte : Agit-on comme cela pour protéger l’enfant ou cela l’empêche-t-il d’évoluer ?

Le parent dominant va chercher :

  • à briser la volonté individuelle de l’enfant en le terrifiant avec des menaces ;
  • à le contrôler par le mépris. Le parent sait mieux que l’enfant ce qui est bon pour lui, qui il est ;
  • à le projeter au centre d’un imbroglio émotionnel afin que l’enfant pense, ressente d’une certaine façon. C’est un besoin pour le parent que l’enfant se conforme à son image.
Jeune femme pleurant contre sa mère démontrant du mépris

La mère toxique toute-puissante

L’enfant développe alors un « faux moi ».

D’un côté il y a le moi autobiographique qui est écrit par le parent. Il s’agit de l’histoire publique que nous entendons, qui est racontée à propos de nous.

D’un autre côté il a le moi central qui correspond à nos réactions, nos désirs, nos sentiments.

Dans l’environnement d’une mère toute puissante, ces deux moi seront très différents.

Ce que cela évoque en moi :

Je pense que ma mère a exercé un certain contrôle sur moi durant mon enfance ou mon adolescence sans que l’on puisse parler de toute-puissance.

En effet, elle même se dévalorisait beaucoup, ce qui est en opposition avec la mère toute puissante.

Ma mère m’imposait ma façon de m’habiller, de me comporter en société (j’étais très timide). Mais il s’agissait plus d’une image à assurer à l’extérieur, je devais être « normale » pour être acceptée par les autres. Au final cela a eu pour effet chez moi d’accorder bien trop d’importance à l’opinion que les autres avaient de moi.

Photo de couverture d'un livre sur le conformisme

Très tôt je suis rentrée dans un monde de conformisme – crédit photo : Le Cil Vert « Rentre dans le moule »

J’ai évolué peu à peu dans l’adolescence grâce à mon entourage d’amis mais le chemin était long. Il est vrai, que notamment, les adolescents recherchent à appartenir à un groupe et à s’y conformer. C’est tout à fait courant. Mais pour moi le simple fait de choisir un siège dans un cinéma m’était impossible.

La mère toxique narcissique :

Ce que dit le livre :

La mère narcissique va rechercher le renvoi d’une image rassurante, flatteuse et valorisante d’elle-même.

Mère cherchant à se valoriser face à sa fille

Une mère narcissique va chercher à briller par tous les moyens, même au détriment de ses enfants – crédit photo : Elisabeth Clauss

Les narcissiques se surestiment, exagèrent leur importance, cherchent constamment à être rassuré et en veulent à ceux qui seraient en quête d’attention pour eux-mêmes. Cliniquement la majorité de ceux qui sont diagnostiqués narcissiques sont des hommes (50 à 75%).

La mère narcissique :

  • réagit au moindre signe qu’elle interpréterait comme une critique,
  • a la rancune tenace. Il faut implorer le pardon à maintes reprises et s’être accusé de tous les torts.
  • déborde de mépris.

Ceci a pour effet de faire fuir toute personne autour d’elle au niveau de l’entourage.

Le narcissique trouve un soutien dans son allié. Celui-ci l’aide à entretenir ses illusions. Il approuve son point de vue et condamne qui s’opposerait à lui.

L’aspect déroutant est que la relation avec son enfant est rarement mauvaise. Cela pousse d’ailleurs l’enfant à l’excellence. Mais le succès de son enfant peut également lui faire concurrence.

La mère narcissique revendique que c’est elle qui souffre le plus des deux. Le moindre problème devient un psychodrame et son humeur domine tout.

Les réactions de l’enfant seront alors de deux types. Soit il va chercher l’apaisement, soit la rébellion.

Ce que cela évoque en moi :

Je savais que ce schéma là me parlerait totalement. J’y retrouve les caractéristiques de mes deux parents. Mon père en tant que narcissique, et dans une certaine mesure ma mère en tant que son alliée.

Mon père a besoin d’être au centre de l’attention, écouté et surtout pas contredit.

Homme avec un dessin de bras musclés à l'arrière montrant l'image qu'il a de lui même

Le parent toxique narcissique se croit supérieur et plus « fort » que les autres

Ma relation avec lui s’en est ressenti quand j’ai commencé à avoir mes propres avis et à les exprimer… Je suis alors devenue « arrogante ».

De la même manière, je pense que ma relation avec lui m’a également poussé à me dépasser. Et ce que je pensais des réussites, et que j’ai voulu partager avec lui, se sont finalement retournées contre moi. Je me pensais « meilleure que lui ».

Ma mère va toujours dans son sens et ne le contredit jamais. C’est son alliée et gare à qui s’en prendrait à lui. Tout comme lui, elle ne supporte pas que l’on puisse dire qu’elle a fait une « faute » et elle a la rancune tenace.

Ma réaction a été l’apaisement, et non la rébellion (du moins pendant près de 30 ans). J’ai ainsi pu développer des qualités comme la diplomatie, la patience ou le perfectionnisme (à double tranchant) ou encore le syndrome de l’imposteur et l’autoflagellation (moins sympas ceux-là).

La mère toxique envieuse :

Ce que dit le livre

Les parents se retrouvent soumis à une double contrainte :

  • ils veulent le bonheur de leur enfant ,
  • le bonheur de leur enfant les rend hostiles – parfois de suite, parfois à retardement.

Cela engendre chez l’enfant une peur de la réussite car le parent envoie deux messages contradictoires : « je veux que tu réussisses » et « je te punirai si c’est le cas ».

C’est un effet rebond. Si l’enfant réussis il met en danger la relation avec le parent dont il dépend, mais s’il échoue il déçoit ce parent. L’enfant ne comprend pas ce qui se passe, ce qui aggrave la relation toxique.

Le parent va avoir des difficultés à faire la part entre ses envies et celles de son enfant, d’où une peur ou un rejet de la différence.

Une mère envieuse va culpabiliser son enfant par :

  • l’accusation,
  • le dénigrement,
  • la froideur et l’insatisfaction
Une mère toxique repousse son enfant

Une mère toxique envieuse se montrera froide et distante avec son enfant

Ce que cela évoque en moi :

Je constate quelques points communs entre le parent narcissique et le parent envieux.

En cela, mon père n’a pas accepté ma réussite professionnelle. Dans une certaine mesure, il l’a peut-être enviée.

Mais ce qui apparaît de manière plus flagrante c’est son irritation face à l’expression de mes propres idées, différentes des siennes. En cela c’est un père narcissique, plutôt qu’envieux.

La mère toxique absente :

Ce que dit le livre :

Dans les termes « Etre là » et « Ne pas être là », il est question d’absence émotionnelle et pas physique.

Dans le cas d’une mère toxique absente, il n’y aura pas d’intéraction, de réciprocité, de réceptivité avec son enfant.

Les exemples les plus courants sont la toxicomanie et la dépression. La dépression correspond réellement à un deuil de la perte de soi, une mort psychique, pas seulement un état de tristesse.

Pour ce qui est du cas particulier de dépression post-partum, la mère va montrer un visage heureux en public mais se sentir dépassée, vide et perdue en privé.

Mère insensible à la présence de son bébé

La mère toxique absente – cas de la dépression post-partum

Chaque enfant réagira différemment à la dépression de sa mère suivant l’attitude de celle-ci vis-à-vis de lui (fonction de son rang de naissance, de son sexe, de son caractère…) et  du caractère propre de l’enfant (plus ou moins sensible).

Cela va entraîner plusieurs réactions chez l’enfant :

  • imiter le comportement de la mère absente ;
  • compartimenter la dépression : attitude différente à la maison et en public ;
  • limiter les dégâts : assurer les tâches domestiques, le rôle émotionnel vis-à-vis du reste de la fratrie ;
  • parer aux aléas : l’enfant va essayer de sortir sa mère de la dépression, ce qui lui demandera beaucoup de temps et d’énergie, tout en recommençant continuellement.
Petite fille appuyée contre sa mère en pleurs

La mère toxique absente – dans le cas de la dépression, l’enfant voudra prendre soin de sa mère

Ce que cela évoque en moi :

Ce schéma est le plus éloigné de moi. Il est également très spécifique en termes de mères à qui il s’applique (en dépression, dépendante à l’alcool, la drogue…).

J’ai parfois pensé que ma mère faisait une dépression mais elle a toujours été présente émotionnellement.

Quand à mon père, son absence était plus physique (bien qu’un étage en dessous) qu’émotionnelle également.

Suis-je une mère toxique ?

Ce que dit le livre :

La compréhension que l’on a de son propre comportement et de la réaction de ses enfants offre la plus solide protection possible contre le fait d’être une mère toxique.

Voici une sélection de tactiques de mères toxiques énumérées par l’auteur :

  • s’approprier l’histoire et/ou réfuter l’expérience de l’enfant : « je sais ce qui est bon pour toi »
  • revendiquer un statut supérieur : « tu me dois le respect »
  • rejeter sur l’enfant la faute du comportement du parent : « tu m’as mis en colère »
  • s’apitoyer sur son sort : « c’est moi qui souffre le plus »
  • critiquer de manière globale : « tu es têtu, gâté »
  • faire des promesses vides : « oui oui on verra »
  • faire du déni flagrant : « je n’ai pas dit cela ! »
  • se moquer : « tu as vraiment cru que je le pensais, ce que tu es naïf  » …
Une mère avec un mégaphone criant sur son enfant en pleurs

Une mère peut être très toxique dans ses paroles

Identifier nos souffrances d’enfant va nous aider à ne pas les reproduire et à briser le cercle.

Toute femme qui entame sa vie de mère dans un contexte de remémoration perturbée risque d’avoir des débuts difficiles. Mais son enfant va l’aider à devenir une mère confiante et réactive.

Ce que cela évoque en moi :

Comme beaucoup de personnes, je me suis toujours dit que je ne voulais pas reproduire le schéma que j’avais vécu enfant.

Malheureusement je pense que peu de personnes y arrive. Notre esprit a été modelé d’une certaine façon et lorsque nous sommes soumis aux mêmes situations nous réagissons de la seule manière que nous connaissons, la manière d’un parent toxique.

Néanmoins, je me sentais rassurée par le fait de m’être intéressée au problème. Et de travailler dessus ! En effet, je pense que c’est primordial. Il faut y travailler sans relâche, et petit à petit, nous gagnons des victoires sur la possible émergence de notre toxicité.

Photo de marches d'escalier avec des mots d'encouragement

Marche après marche, il faut avancer pour combattre les effets de la toxicité que nos parents ont pu avoir sur nous

Comme le dit très bien l’hauteur, et c’est un sentiment que j’avais également avant de lire ce livre. Ma fille me pousse à être meilleure, à apprendre à gérer mes colères. Elle me met face à mes failles et me force à travailler dessus pour être la meilleure mère pour elle, une mère suffisamment bonne.

Surmonter le pouvoir de la mère toxique : la résilience :

Ce que dit le livre :

Comprendre qui nous sommes est essentiel à notre bien-être. Cela repose à la fois sur notre personnalité et nos relations avec les autres. Celle développée avec la mère étant fondamentale.

Notre physique et notre état émotionnels sont intimement liés. Voilà pourquoi il faut comprendre notre passé pour être bien physiquement.

La plupart de ce qui nous est arrivé nous sera supportable si nous arrivons à leur donner un sens.

Il est possible de s’adresser à sa mère pour essayer de comprendre. Mais une mère toxique ne nous aidera jamais à comprendre, elle ne révisera pas son histoire et campera sur ses positions.

L’impact de la mère toxique peut diminuer au fur et à mesure que l’enfant grandit et noue de nouvelles relations.

Pour surmonter cette relation il faut :

  1. comprendre
  2. mettre en perspective
  3. appliquer une démarche de réflexivité

Pour s’en sortir, il faut être résilient. La résilience c’est ne plus être dominé par la douleur, la déception de la relation avec la mère toxique. Avec le temps, vous développez des défenses et des façons de gérer cette relation.

Dessin d'une personne avec un masque à gaz, enfumée par un homme et une femme

La résilience nous permet de développer des mécanismes afin de combattre les effets toxiques de nos parents

Notre capacité de résilience vient de l’affûtage progressif de nos capacités à réfléchir, à comprendre et à réviser notre point de vue.

Aussi toxique que cela soit, nous ne pouvons pas oublier. Cela fait partie de nous. Pour certaines personnes, se souvenir et clarifier leur histoire sera suffisant. Pour d’autres, il faudra aller à l’affrontement.

Le but n’est pas de réparer la relation avec sa mère mais de s’accepter soi-même tel qu’on est dans notre individualité.

La route est longue avant de s’affirmer devant sa mère, d’en accepter les conséquences qu’elle va nous faire subir et que cela ne nous fasse plus souffrir.

Photo de pieds enchaînés

Arriver à se libérer de ses chaînes

Ce que cela évoque en moi :

Ce dernier chapitre clôture parfaitement mon cheminement personnel et fait le lien avec la fibromyalgie.

L’auteur parle du lien entre notre physique et notre état émotionnel. Et je le ressens à 100% en tant que fibromyalgique.

En grandissant j’ai moi même pu comprendre que la relation que je connaissais n’était pas « normale », ni « bonne » pour moi. J’ai donc commencé par m’éloigner petit à petit.

Mais mon esprit était forgé d’une certaine façon. La fibromyalgie est apparue. Et tout a explosé.

Plusieurs phases se sont succédées :

  • Tout d’abord j’ai connu ces phases de compréhension, mise en perspective et réflexivité.
  • Puis je suis allée à l’affrontement. Je voulais faire comprendre ma douleur, ma souffrance, la faire reconnaître.
  • Finalement je me suis épuisée à force d’explications, de dialogues ou plutôt de monologues. J’ai beaucoup souffert du rejet et de l’incompréhension que j’ai reçus.
Dessin de flèches qui cherchent à s'élever avec parfois un boulet au pied

Parfois la solution est de couper le cordon afin de pouvoir s’élever

Il m’a fallu du temps pour admettre que mes parents ne changeraient pas, qu’ils ne comprendraient pas. Et encore plus pour que cela ne me fasse plus souffrir, ou plus trop… J’ai sans doute encore un peu de travail de résilience à faire.

Conclusion :

Comprendre la relation avec des parents toxiques est un long cheminement. De mon côté il m’a fallu plusieurs années avec un psychologue et plusieurs confrontations avec mes parents.

Ce livre a été un peu comme un point final de mon côté à la compréhension de ma relation avec mes parents, de ma personnalité, de comportements.

Mais surtout il m’a aidé à comprendre que ce n’était pas un état figé dans le temps. Qu’avec du travail, de la résilience, l’amour de mes proches, et notamment de mon conjoint et de ma fille je pouvais changer, m’améliorer et briser le cercle.

Pour finir cet article, vous trouverez un petit florilège de situations avec des parents toxiques qui je suis sûre vous parleront si vous dans ce cas sur le site sympa sympa.

Si vous aussi vous souhaitez partager votre expérience et aider les autres personnes fibromyalgiques ou en recherche de réponse n’hésitez pas à me contacter via ma page Contact.

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